[Road trip en Islande] Le road book & les préparatifs

[Road trip en Islande] Le road book & les préparatifs

05/07/2021 4 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

Pour une fois, je vais essayer de faire les choses dans l’ordre : t’expliquer quel est le programme de ce road trip en Islande, et en revenant, te dire si tout s’est passé comme prévu !

Road trip en Islande ou pas, je fais finalement comme à mon habitude : tout à l’envers ! Mais là je vais simplifier ! Je vais te faire un premier article (celui-ci donc) pour te dire ce qu’on avait prévu de faire, comment on avait prévu de s’équiper, comment on a géré la logistique, etc.

Et puis je te ferai un deuxième article où je te raconterai comment ça s’est passé, en vrai la jonction pour aller prendre le ferry à Hirtshals, et l’arrivée en Islande. Le troisième sera consacré aux F-roads des Highlands… avant d’aller vers le Cercle d’Or et d‘enchaîner avec le Landmanalaugar !

Ah ! Pour finir, je te ferai un troisième dernier papier sur une connerie surprise… 

Mais reprenons les choses dans l’ordre… Quand l’idée de ce road trip en Islande a émergé, les probabilités qu’il se fasse étaient proches de 0 (et c’était déjà optimiste…). Au fur et à mesure, le ciel s’est éclaircit 🙂 Donc on a voulu faire les choses bien avec E. (allias John Doe) & V. (allias Vince). Comme on est sympa, on a même laissé R. (allias Rom) dans la boucle qui, malheureusement, n’aura finalement pas pu se joindre à nous… 🙁

Une idée de road trip en Islande…

Parfaite sur le papier !

Ce road trip en Islande, on en avait rêvé tous les 4 ! D’une façon ou d’une autre, ça faisait partie du Top 5 de notre Bucket List des trucs à faire à moto ! 

On a acheté des cartes, scrawlé le web, les forums, les groupes FB, ingurgité le Routard, le Lonely Planet et tous les autres… Bref, on a éclusé un peu toute la littérature qu’on pouvait. 

Du coup, quand on a commencé à parler de l’itinéraire, c’était super limpide ! On avait trouvé la route, repéré tous les endroits qu’on voulait voir, réservé les hébergements même. Et c’était beau !!! Vachement beau même !!! On n’avait plus qu’à charger les meules, mettre le contact, embrayer, et on posait nos valises là bas.

Sauf que… Pour notre road trip en Islande… Qu’on soit à tel endroit à telle heure ou à telle heure, ça compte vraiment ? Par exemple, on fait comment avec la météo ? Elle peut quand même être bien capricieuse ! On a vraiment envie de s’imposer de rouler sous la flotte vers le nord si vers le sud il y a un grand soleil ? Et si on est bloqué à cause d’un gué, on fait quoi ?

Alors on a changé de papier…

Donc on est reparti d’une page blanche…

Finalement, on a juste gardé les dates du ferry, et on s’est assez vite rendu compte qu’on voulait voir de l’Islande ce qu’elle gardait de plus secret, de plus précieux, de moins accessible. En gros, on voulait en prendre plein les yeux et plein les bras en usant et abusant des F-roads, et tout ça en même temps !

Et au final, on n’a pas préparé d’itinéraire. Non ! On a juste repéré les zones qui nous intéressaient. Compte tenu des délais, on savait que de toute façon on ne pourrait pas tout faire. On a juste priorisé :

  • les Higlands,
  • le Landmanalaugar,
  • Le Cercle d’Or,
  • Le Kerlingarfjöll,
  • La partie Sud de l’île…

Du coup, ça ressemblait grosso modo à ça :

Road trip en Islande

Préparer un road trip en Islande, un voyage avant le voyage

Mais bon pour faire ça, il fallait aussi qu’on réfléchisse à 2 ou 3 petits sujets complémentaires. La première question était de savoir comment on allait là bas.

Ensuite, il fallait qu’on réfléchisse un peu à la préparation de nos meules, les bagages, les fringues, et la gestion des fluides (enfin, la flotte et l’essence ?)

La jonction (au choix, une punition, ou une motivation…)

On n’avait qu’une quinzaine de jours en tout pour y aller, en profiter sur place et revenir. Encore fallait il y aller… 

Etape 1 : comment on va là bas ?

On a regardé différentes options mais au final tu as le choix entre :

  • Le fret par les airs, et là, ça coutait un oeil (+/- 2000€ par moto, plus les billets d’avion pour nous),
  • Le fret par la mer, mais l’incertitude sur les délais est grande, et de toute façon on devait aller à Hambourg dans 99% des cas,
  • La jonction par la terre et le ferry, qui est l’option qu’on aura retenue.

La traversée en ferry prend, au plus court 2 jours. Tu peux faire une escale aux Iles Féroé mais compte tenu de nos contraintes de délais, on a passé notre tour. Et pas la peine de couper les cheveux en 12, il n’y a qu’une option pour aller en Islande à bateau : c’est par la Smyril Line, qui ne fait qu’une jonction avec son MS Norrona depuis Hirtshals au Danemark. Du coup, faut viser juste et accepter que le bateau dicte ton timing. 

COVID oblige, j’ai l’impression que cette année, il n’y avait pas foule pour les résas. On a donc booké très facilement une cabine pour 4. La Smyril Line a par ailleurs été super arrangeante pour le paiement et on aura finalement payé les billets 10 jours avant le départ.

Petits tips gratuit 

La Smyril Line nous avait fait une seule réservation pour tous les 3, mais nous avons pu chacun payer notre billet par téléphone avec nos CB pour pouvoir bénéficier des assurances de nos cartes. Il faut juste leur demander :-). Ah et pour le prix, c’était un peu plus de 900€ par personne… Aouch…

Le coup d’après, c’est d’aller chercher le Ferry à Hirtshals…

Etape 2 : aller prendre le ferry (et revenir accessoirement…)

Maintenant qu’on sait qu’on prend le ferry, il n’y a plus qu’à embarquer. En revanche, quand je dis “qu’il n’y a plus qu’à”, c’est déjà une expédition dans le voyage ! Hirtshals est à 1400 km de route par l’itinéraire le plus rapide !

Compte tenu de nos contraintes de timing, on a fait le choix d’y aller en… 1 journée ! Et pareil pour le retour d’ailleurs avec une variante dont je te parlerai plus tard…

Long is the road…

Je l’avais déjà fait au retour du Cap Nord, mais franchement, j’avais oublié à quel point c’était chiant !!! Et fatiguant !!! De toute façon on n’avait pas le choix, mais c’est clairement pas la majorité des motards qui fait ça. Sur le ferry, j’avais plutôt l’impression que ceux qui le faisaient en 2 jours étaient déjà un peu dingues, et que la majorité l’avait fait en 3 jours.

Au final, la seule jonction aura pris 6 jours, dont 2 fois 2 jours de ferry, et 2 fois 1 jour de roule pour aller et revenir du Danemark. 

PS : oui c’est contraignant, mais le choix est simple et binaire vu les données du problème : découvrir une partie de l’Islande ou ne pas découvrir une partie de l’Islande… Du coup, la réponse est aussi simple : on fonce ! 


Maintenant qu’on y voit plus clair, on va pouvoir s’attaquer aux questions très pratico pratiques de notre voyage 🙂

La préparation des meules

Concernant les meules, et outre Thor, que tu connais désormais par coeur, il y avait une Ducati Multistrada Enduro avec +/- 30.000 km au compteur pour V. et une Ducati Multistrada v4 pour E. 

Alors oui, je te vois venir… Partir en Islande avec 2 objets de déco, est-ce bien raisonnable ? Ce sera peut être un des sujets du prochain bac philo. Mais en tout cas, on est parti comme ça.

Des chaussettes

Les Ducati ont chaussé des Michelin Anakee Wild tandis que je faisais le choix de mettre des Motoz Tractionator GPS sur Thor. D’ailleurs, si tu veux en savoir plus sur le pourquoi du comment j’ai fait le choix de ce pneu, et surtout, pour avoir un feedback après les 5.500 km de ce road trip, c’est par ici. Mais bon, globalement, le choix des pneus a été dicté par les impératifs suivants :

  • chaque meule pèse plus de 200kg au bas mot.
  • on a un peu d’autobeurk à se faire pour aller prendre le ferry.
  • sur place on prévoit de faire 70% de off-road…
  • dont globalement 90% de revêtement dur et 10% de gadoue et de sable…

Des crashbars…

Ensuite, on a juste mis des crashbars (j’ai mis ceux de chez Motea qui sont beaucoup plus costauds que ceux d’origine je trouve, même s’ils ont tendance à perdre des vis et s’ils sont un peu chiants à monter sur une R… Mais c’est une autre histoire 🙂 ).

Une bonne révision…

Les meules ont été révisées juste avant de partir de sorte que les fluides étaient nickels, les plaquettes de frein ont été changées sur la mienne, et c’est tout ce qui a été fait pour les préparer au final. Dit autrement, il n’y a eu aucune préparation spécifique mais c’est pas plus étonnant que ça vu comment nos motos sont armées à la base.

Remorque ou pas… This is the question…

Comme on partait quinze jours en tout, il nous fallait quand même embarquer un peu de matériel. En tout j’avais donc pour loger tout le fatras : 

    • deux petites sacoches de 6l
    • un sac de selle de 70l
    • un sac à dos.

La Ducat Enduro était équipée avec les valises latérales rigides.

Et pour finir, la V4 avait, elle, l’ensemble Mosko Reckless Revolver 80L et 2 petites sacoches sur les crashbars comme moi.

Un vrai voyage gastronomique !

Perso, j’ai mis toute la nourriture pour le voyage, ainsi que la gamelle, le quart, et les couverts dans les 2 petites sacoches de 6l accrochées sur les crashbars à l’avant. Alors, quand je dis “toute la bouffe”, je ne parle que des 7 jours sur place.

On a fait le choix de prendre des produits lyophilisés, plus faciles à gérer, plus rapides, bref, mieux adaptés à nos attentes. De ce point de vue, j’avais pris pour chaque jour :

  • 2 plats (un pour le midi, un le soir)
  • un sachet de viande séchée pour les petits encas,
  • 2 pâtes de fruit et 1 sachet de raisins secs,
  • des sachets de café et du thé
  • du sucre en poudre en dosettes,
  • une barre énergétique

J’ai tout commandé sur Lyophilisé & Co et tu peux même voir le détail de mon panier ici. Globalement, j’en ai eu en tout pour 140€, soit 20€ par jour. 

Le gros du bazar

Dans le sac de 70L, j’avais mis :

  • les affaires de camping : ma tente, le matelas de sol gonflable, le sac à viande, le duvet (t° de confort 10°C), l’oreiller gonflable,
  • un tarp au cas où,
  • tous les outils et le matos moto : clefs, douilles, pinces, fil de fer, scotch, leatherman, les cuillères pour changer les pneu, le kit anti crevaison, le gonfleur, WD40 et un bidon d’huile,
  • un peu de fringues et une paire de pompes,
  • et les affaires de toilette : trousse de toilette light, PQ, serviette, savon.

Évidemment, même si le sac de selle est étanche, j’avais tout mis à l’intérieur dans d’autres sacs étanches…  

Le high tech et les affaires sensibles

Dans le sac à dos j’avais :

  • Deux action cam : une GoPro et une Insta360
  • Mon drone (DJI Mavic Air)
  • Le Canon 7D avec objectif 24-105L
  • L’ordi
  • Tous les câbles et chargeurs,
  • Mes papiers et les doubles des clefs,
  • Une paire de lunettes de soleil,
  • Quelques masques et du gel hydroalcoolique, 
  • un Rubik’s Cube 🙂 
  • la boîte à souvenirs…

J’avais  fait le choix du sac à dos en me disant que si on devait poser les meules pour aller marcher un peu et/ou visiter, je n’avais aucune envie d’être obligé de tout défaire pour prendre ça à la main, perdre du temps, flipper, etc. C’était peut être un peu moins pratique en off-road, mais je l’ai assez vite oublié et ça m’allait très bien au final.

Ensuite, il y a la question des fringues, et là, c’est un roman… Ou pas.

Les fringues

En regardant les stats météo, on savait qu’il fallait prendre de quoi gérer des températures allant de 0°C à +25°C et ce par un grand soleil ou sous une pluie battante. Easy comme amplitude non ? 🙂

Du coup, j’ai assumé 2 partis pris :

Le premier est que je risquais de ne pas sentir très très bon parce que je ne pouvais pas partir avec 2 semaines de fringues,

Le second est qu’il n’était pas utile de réinventer la roue, et j’allais appliquer le principe qui marchait le mieux : gérer les couches comme un oignon pour pouvoir être à l’aise quelle que soit la température.

Concrètement, j’ai donc pris :

  • 2 T-Shirt MC mérinos et 2 Sous couches ML mérinos
  • 2 T-Shirt en coton
  • 1 polaire
  • 2 leggings Merinos
  • 2 paires de chaussettes étanches
  • 4 paires de chaussettes de randonnée
  • Un tour de cou mérinos
  • 4 caleçons

J’avais bien prévu de prendre un maillot de bain, mais évidemment je l’ai oublié ! Du coup, j’en ai racheté un sur le ferry. Coup de bol, c’était les soldes… 

Et par ailleurs, je partais avec mon ensemble DXR dont je t’ai déjà parlé ici, et si je savais que je n’avais aucun besoin de prendre la doublure thermique du pantalon, j’ai pris celle de la veste.

Pour éviter la panne sèche…

Que ce soit pour alimenter le bonhomme ou la machine, on devait réfléchir un peu à la façon de gérer l’approvisionnement en eau et en essence. Parce que dans notre plan initial, pour ce road trip en Islande, on devait s’engager sur la F910 et traverser l’île du Nord Est au Sud Ouest d’une seule traite. Enfin, pas en une journée, mais en prenant l’itinéraire de bout en bout. Le problème c’est qu’il y a plus de 450 bornes entre la point A et le point B.

Du coup, si la gestion de la flotte ne nous inquiétait pas trop, celle de l’essence était plus problématique.

Fuel et refuell

D’autant plus que la seule référence que j’avais en matière de conduite off-road et donc de consommation off-road c’était les épreuves du Hard Alpi Tour et du Hard Defi Tour, et un peu de Trans Euro Trail. Mais sur ces bases, ma conso off-road était plus proche du 10l/100km que du 5l/100km ! Donc pour faire 450 bornes, il me fallait 45l à la louche ! J’en avais 23 dans le réservoir… Il fallait que je trouve où en caler une vingtaine de plus.

Finalement, on a opté avec E. pour l’option Desert Fox avec leur réservoir additionnel souple “Xtreme” de 20L ! C’est un petit investissement, mais de toute façon ça me sera utile pour la Russie plus tard, et peut être d’autres trips d’ici là…

Quand à V. il a pris un petit réservoir additionnel de 10l rigide puisqu’il avait déjà 30L dans son tank.

L’eau…

Pour la flotte, j’ai fait au plus simple ! J’avais deux bidons de vélos de 0,6L chacun que j’ai installé dans des sacs en toile accrochés à l’avant avec les deux sacoches de 6L, et j’ai pris un camel bag de 3L qui était dans une poche sur le sac de 70L.

Par ailleurs, on savait que c’était surtout la 1ère journée qui serait problématique, puisqu’ensuite, on traversait pas mal de gués, et avions donc accès à pas mal de sources d’approvisionnement pour remplir tout ça. En revanche, c’était un peu limite parfois puisqu’il fallait également compter l’eau pour la bouffe indépendamment de celle pour nous hydrater. Mais globalement, ça a fait l’affaire !

Voilà ! Tu sais tout sur l’organisation et la préparation de ce road trip en Islande !

Ah non ! Si ça peut t’être utile, voilà quelque sources qui nous ont bien inspirées.

A très vite pour le second billet sur… Ce qu’il s’est réellement passé après le départ 🙂

Sources & documentation pour bien préparer ton road trip en Islande

Préparation itinéraire et cartes

Ferry