[Road trip en Islande] Partie 4 : le miracle du Landmanalaugar

[Road trip en Islande] Partie 4 : le miracle du Landmanalaugar

16/07/2021 2 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

Le Landmanalaugar à moto, c’était sur notre check list des spots à faire ! F210, F208, F261, F233… C’est peut être la zone qu’on avait identifiée avec le plus de F-roads qu’on voulait faire. Mais on savait aussi que c’était la plus incertaine à cause des gués à passer !

Alors, clairement, le programme aura été mouvementé ! Mais qu’est-ce que c’était beau !

Ceci étant, pour revenir aux bonnes vieilles habitudes, un petit résumé de la situation ! Et puis si tu connais déjà, t’as qu’à sauter ce paragraphe, ça ira :-). Donc on est parti en Islande après avoir un peu potassé le sujet. On s’est fait violence pour une grande jonction, mais qui nous a ouvert les portes des Highlands ! De là, on a vadrouillé un peu dans le Cercle d’Or, et maintenant, on s’apprête à prendre le chemin du retour… 

On a bravé… le brouillard !

Oui alors c’est un peu bizarre de le dire comme ça, mais je t’assure que ça vaut la peine d’être relevé ! 

En quittant Reykjavik pour aller vers Hella, tu passes par des hauts plateaux sur quelques dizaines de kilomètres. Et comme tu as bien tout suivi, tu n’as pas oublié que l’Islande, c’est une île !

Du coup, dès qu’il y a des nuages qui se forment en mer, ils s’accrochent comme des morpions au relief ! Et un haut plateau, c’est ni plus ni moins qu’un velcro à nuages ! 

Du coup, tu t’enfonces dans un truc que tu vois bien être assez épais au loin, mais quand tu y arrives, tu réalises… Tu réalises qu’en fait tu vas te faire rincer jusqu’aux os ! Tu te rends compte que tu auras beau fermer toutes les écoutilles, ça passera quand même et tu seras trempé ! C’est assez déprimant, même, de réaliser que tu n’as pas d’autre choix que de t’y plonger.

Et puis après, tu as le deuxième effet kiss cool ! Tu es dans le bouzin, et tu te rends compte que ton pote qui est 10m derrière en plein phares, antibrouillards, feux longue portée et warning, n’apparait même plus dans ton rétro ! 

Et ensuite, tu as le troisième effet kiss cool ! Je sais pas si ça se dit, mais c’est pas grave, c’est pour défendre la cause. Bah oui, toi, petit touriste que tu es, tu vis l’enfer, mais pour les locaux, ça change pas grand chose à leur quotidien a priori. Donc… Ils roulent normalement ! Quand toi tu te traînes à 50 sur la droite, eux déboulent comme un chien dans un jeu de quille à plus de 90 ! Bah franchement, tu flippes. 

Mais ça y est, tu arrives de l’autre côté, et en redescendant, tu repasses sous le plafond des nuages. La route est sèche, tu vois même un rayon de soleil au loin, et tu reprends espoir 🙂

Hella, les portes du Landmanalaugar

Tu arrives à Hella avec un énorme sourire en travers du visage ! Tu sais que tu vas maintenant t’engager dans le Landmanalaugar à moto ! Et en fait, juste en parler me redonne cette même banane. On fait quand même un pit stop à la station service, dans laquelle on en profite également pour se réchauffer et se sécher un peu. 

Un p’tit café, un jus d’orange, et ça repart ! (BLKMRKT, si tu passes dans le coin, elle est pour toi celle là !)

L’idée maintenant, c’est de prendre la 264, et de rejoindre quelques kilomètres plus loin la F210, de s’enfoncer à l’intérieur récupérer la F233, de repiquer vers le nord avec la F208 et de rejoindre la F26 pour revenir sur nos pas. Bon, ça, c’était le programme…

Il est passé ici…

Parce que dans les faits, ça s’est pas passé comme ça du tout ! Enfin presque pas du tout…

On a bien pris la 264, qui est une portion bitumée qui fait un carré (tu te demandes bien pourquoi d’ailleurs mais bon, c’est un autre sujet…). On est arrivé sur la F210, et là, on a tout lâché !

Comme il avait un tout petit peu plu avant, la piste était un peu tassée et surtout beaucoup moins poussiéreuse. Du coup, pour soulever autant de sable, fallait aller bien plus vite. C’est ballo…  

Pourtant, je t’assure qu’il n’y avait pas matière à aller beaucoup plus vite au final tellement c’était magnifique ! On avait bien lu que c’était une région surprenante, avec des dégradés de couleur prononcés, des reliefs sauvages, des rivières imposantes, etc. Mais en fait, quand tu le constates par toi même, c’est pas la même chose. Vraiment pas.

On aurait pu s’arrêter tous les 10m pour prendre des photos, profiter, se poser, etc.

Mais bon, comme on avait de la route, on a quand même essayé d’avancer un peu.

On s’est payé le luxe de se faire une pause déjeuner à l’arrache dans le lit d’une rivière ! C’était d’ailleurs assez cocasse parce que le vent s’était levé.

Jusqu’à présent, on n’avait pas eu trop froid globalement, mais là, franchement, ça caillait bien ! 

Bon, on s’envoie nos plats lyophilisés, et on repart. D’ailleurs, c’était surprenant, car la piste était… la rivière. Autant te dire que là, t’as intérêt à prévoir les chaussettes étanches. C’est pas bien profond, mais pendant quasiment 2 km, tu es les roues dans l’eau. Du coup, évidemment, tu t’en fous partout, et c’est trop booonnnnnn !!!! 

On sort de là, on retrouve la terre ferme, petit décollement de rétine encore, et on arrive sur une espèce de belvédère qui domine une vallée au fond de laquelle…. coule une rivière.

Tu t’en doutais, je sais.

Mais là, celle là, elle est grosse. Plus grosse. Beaucoup plus grosse même que les précédentes. Et il y a du courant. Beaucoup de courant… C’est bien la première fois qu’on se pose AVANT de commencer à traverser je crois 🙂 On prend la décision de… Ne pas tenter le coup et de rebrousser chemin. Tant pis. On va improviser, c’est aussi ça le voyage.

Il repassera par là…

Je vais pas te mentir, on est un peu triste d’avoir dû faire demi tour, mais on est rapidement consolé. Le Landmanalaugar à moto, c’est un peu comme un rêve. Tout est top ! 

Alors, sous une tempête de neige, ça doit pas être la même, mais là, même si on a deux trois gouttes, on s’en fout, on profite à fond. 

Le programme c’est de faire un petit crochet par la A1 pour aller récupérer la 209 et remonter au nord choper la portion de F210 qu’on a pas faite, et de faire une grande boucle en reprenant la F233 et la F208. On va dire qu’on tente notre seconde chance de parcourir le Landmanalaugar à moto en passant par la petite fenêtre quand la porte a été fermée.

La 209 est clean, et devient vite une Gravel road tranquille. On rejoint la F210 sans difficulté, et on s’amuse à nouveau avec quelques gués. Franchement rien de difficile, jamais d’eau au dessus de la roue avant en gros. Après, mon seul regret à ce stade, c’est de ne pas maîtriser suffisamment ma meule pour passer en wheelie ! Y a pas à dire, ça aurait quand même une meilleure gueule que la gerbe d’eau dégueue que je fais en rentrant là dedans :-). Bon, ce sera pour la prochaine…

Cette boucle est fabuleuse pour être franc ! On rejoint la F233, qui nous offre encore un visage différent du Landmanalaugar. 

A nouveau, un gué, un peu plus large que les autres ! Mais on a appris, et celui-ci, on le négocie sans difficulté. On continue à se gaver toute la journée. 

On n’aura pas beaucoup roulé, peut être 150 ou 200 bornes au max en off-road, mais ça restera longtemps dans nos mémoires (en tout cas dans la mienne !). 

Le problème, c’est que le temps passe… Et qu’on doit amorcer la remontée vers Seyðisfjörður pour reprendre le ferry… Such a shame…

Solheimasandur, l’épave fantomatique du DC3

Alors on reprend la route. Mais évidemment, quand tu passes dans le coin, tu ne peux pas ne pas aller faire un tour pour voir ce symbole du tourisme Islandais ! 

Nous on a eu du bol : il pleuvait (mode cynique ON) ! Cette espèce de petite pluie fine, microscopique, qui passe partout. Pour te donner un ordre d’idée, même les GoPro ont eu du mal à digérer cette horrible pluie ! Mais bon, du coup, il n’y avait personne sur place ! 

On s’est donc payé le luxe absolu d’aller jusqu’à l’épave avec nos meules ! Ce qui est très étrange sur le chemin c’est que tu as l’impression de rouler sur du ballast de chemin de fer. A fortiori quand c’est mouillé, t’as plutôt intérêt à conserver un bon rythme si tu ne veux pas glisser à chaque pierre.

Bon, on a bien croisé deux ou trois touristes courageux qui eux faisaient le pèlerinage à pieds, mais mine de rien, y a de la marche. Je pense que tu peux compter facilement 3km à 4km pour l’aller simple ! Ceci étant, ça en vaut la peine je trouve. Ca reste une scène absolument iconique et même par temps pourri on a fait de superbes photos souvenirs !

Les Icebergs de Jökulsárlón

200 bornes plus loin, en suivant la route n°1, tu arrives à Jökulsárlón et ses Icebergs hallucinants ! De la route, tu as l’impression de voir une espèce d’énorme piscine remplie de glace. 

Il y a plusieurs parkings, aussi, essaye de viser celui qui est le plus proche du pont. Au moins, tu arrives directement sur le spot. 

Et quel spot ! Ok il y a les gros glaçons, mais tu as également toute la faune sur place qui t’accueille ! Et voir autant de phoques se marrer à grimper et sauter depuis les Icebergs, ça met du baume au coeur. 

A priori, tu peux aussi faire des excursions, en bateau ou en 4X4 jusqu’au glacier, mais on n’avait pas trop le temps, donc on a repris la route dans la foulée. 

La route n°1 et le retour à Seyðisfjörður

On a voulu éviter au max le bitume, mais parfois, t’as pas le choix… Et compte tenu du timing, on savait qu’on aurait une jonction sympa à se faire.

Ceci étant, faut être honnête ! Quand tu t’es fait 1400 bornes d’autoroute à l’aller, et que tu as encore en tête que tu vas en faire 1600 au retour (mais ça, E. ne le sait pas encore à ce moment là…), la route n°1 c’est le paradis ! 

Tu longes la mer en permanence, en étant coincé entre les coulées de lave, les volcans, et… les nuages là ! Ceci étant, je comprends maintenant ce qui me surprenait sur le ferry. On peut tout à fait venir en Islande à moto pour faire autre chose que du Off-road. Tu t’en mettras plein les yeux aussi ! 

Une dernière piste (attention, la route 95 est bien une piste !), et nous voilà arrivés au port. Il pleuvait un peu, on se serait bien pris un hôtel pour notre dernière nuit sur place, mais au final, aucune place nulle part ! On plante la tente au camping, et ça sera nickel ! 

Direction…. Paris !

Quelques photos

L’itinéraire en détail