[Hellas Rally 2022] : J6, poignée dans le coin… Dans mon coin !

[Hellas Rally 2022] : J6, poignée dans le coin… Dans mon coin !

28/05/2022 0 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

Et oui ! Pour cette 6ème et avant dernière journée de course, c’est “poignée dans le coin” !

Et pour ne rien gâcher, on a un peu plus de 300km à faire, dont 220 de spéciale ! Quel joli cadeau d’anniversaire ! 🙂

En revanche, ce sera un anniversaire solo, à essuyer la poignée dans le coin, et même dans mon coin. J’ai perdu tous mes potes de route des jours précédents ! 🙁

Allez allez, on traine pas ! Parce qu’en plus, pour l’occasion, on file vers le sud est du Péloponnèse et… allez, je ne résiste pas à l’envie de te lâcher cette bombe intersidérale :

Pour une fois, tout s’est bien passé !!!!

Mais bon, c’est pas une excuse pour pas te faire un petit résumé de la journée quand même… 

Résumé des jours précédents…

Comme d’hab, si tu n’as pas lu les autres articles de la série, voilà un rapide résumé des épisodes précédents. Alors on est arrivé au Hellas Rally samedi. Le temps de prendre possession des lieux et de faire les vérifications techniques et administratives.

Lundi, on a commencé par une petite spéciale, qui déjà m’a ramené à la réalité. Un Rally, c’est dur ! Enfin, plus que la section 7 du TET. Du coup, on a pris les choses en main sérieusement le 2ème  jour, mais tout ne s’est pas passé comme prévu… Et le 3ème jour non plus ! Puisqu’en guise de 3ème étape, on a eu une journée off avec un nouveau set de vérifications techniques. Les 4ème et 5ème jour, c’était le challenge dans le challenge : les marathon stages avec plus de 640 bornes de spéciales à se fader sans assistance !

Pas mécontent d’être rentré au final, et d’entamer cette 6ème journée de course… 

La stratégie du jour

Allez go ! Quelle est la stratégie du jour à ton avis ? Et bien dans la mesure où je suis défoncé, que j’ai de plus en plus mal au poignet et à l’épaule, et que je suis fatigué, mon objectif est très simple. Il se résume à ça : donner 80% de ce que je peux donner ! Et oui, au risque de te surprendre, là, je ne veux pas prendre le risque d’être à 120% 🙂 Trop dangereux je trouve (oui tu as bien lu…). Pas la peine de me foutre en l’air alors qu’il reste 2 jours de course, et que mon objectif c’est avant tout de finir le Hellas Rally.

Poignée dans le coin dès le départ, en fanfare…

Pour autant, on a une bonne jonction ce matin, et t’as le temps de ruminer dans ces cas là… Est-ce que je suis là pour la jouer p’tit bras, est-ce que ça a du sens d’envoyer du lourd (à mon niveau), et la moto, et moi, etc.

En parallèle, je suis déjà bien dans l’étape du jour pourtant ! Je joue systématiquement avec la limitation de vitesse ! Bah oui, quand t’es limité à 40 km/h, ça n’a pas de sens de rouler à 36, soit 10% en dessous de la limite ! Mais j’ai pas de régulateur sur la 701… Donc au final, mon meilleur ami dans cet exercice sera le Stella III qui hurle à la mort dès que tu dépasses la limite…

Tu te rends compte rapidement que cette stratégie fait gagner du temps ! En gros, si tu roules à 35 de moyenne sur 50 bornes, il te faut 1h30 environ. Mais si tu roules à 40 sur la même distance, il ne te faut plus que 1h15 ! Alors ça change pas la face du monde, mais 15mn en rally, c’est toujours ça de pris. 

Oups… La boulette évitée de justesse !

Juste avant la spéciale, je fais un refuel pour ne pas avoir à m’arrêter pendant l’étape. Bon, là, j’ai failli bien merder… Il y avait pas mal de monde à la station service, une pompe qui se libère, j’y vais… Sauf que c’était du Diesel ! Le type a hurlé quand il m’a vu mettre le pistolet dans le réservoir… Heureusement que la pompe était bloquée, sinon, ça aurait été un peu la merdouille… Bon, il aurait juste fallu siphonner, mais quand même…

Après cette petite boulette, j’arrive au départ de la Spéciale avec la satisfaction d’une liaison bien gérée, et c’est bien cool ! Sauf que sur le départ, c’est encore une fois bien le bordel… Le starter continue de s’époumoner à crier nos numéros sans que personne n’y pige rien, du coup, il lâche l’affaire, et chacun part au fur et à mesure de son arrivée. C’est pas plus mal au final, comme ça ça évite de te refroidir 🙂 D’autant plus quand tu t’apprêtes à t’élancer sur un véritable billard ! 

Du coup, je m’autorise à oublier ma stratégie du 80% tant que ça roule, qu’il n’y a pas d’obstacles, et que je me sens bien dans la nav… 

Oeil de lynx pour une navigation au cordeau…

Pour cette sixième journée, l’orga nous a gâtés ! On avait un roadbook bien dense avec pas moins de XXX instructions ! Ca fait quelques kilomètres de papier tout ça… Mais la bonne nouvelle, c’est surtout que je n’ai fait aucune erreur de navigation. Je répète bien fort, je n’ai fait AUCUNE erreur de nav !!! Et ça, c’est super satisfaisant également ! 

Non seulement je suis à l’aise avec la nav, mais en plus, c’est vraiment la partie fun ! Et je veux pas spoiler la 7ème et dernière journée de course que je vais pas tarder à publier, mais… Tu verras bien !

Alors je ne me sens pas assez légitime pour donner des leçons sur “comment faire une bonne nav”, mais de mon côté, la recette est simple. Un roadbook, c’est de la logique, et c’est des infos. Je t’ai fait un petit topo ici sur sa lecture. Pour mémoire, tu as trois cases sur chaque ligne. A gauche, les indications de kilométrages et d’incrémentation des instructions. Au milieu, tu as la nature de l’obstacle, de la route, de la direction pour l’instruction concernée. A droite, tu as les détails qui te permettent d’affiner la lecture. 

La seule difficulté, c’est de bien interpréter l’ensemble de ces informations quand tu es sur le terrain. Bah oui, c’est con dit comme ça, mais c’est bien ça. 

Du coup, j’ai toujours préféré, à l’approche d’une instruction, ralentir un peu plutôt que prendre le risque de mal interpréter. Et ça a été plutôt bien récompensé au final. Ou en tout cas, je sais qu’il y a pas mal de riders qui allaient plus vite que moi, et pas qu’un peu, mais qui flinguaient leur rythme à cause d’erreur de nav… 

Poignée dans le coin, ok, mais rythmée !

Et en revanche, entre chaque instruction, là, ça roule dur ! L’avantage du TET, du HDT, du HAT, et des jours précédents du Hellas, c’est que je sais globalement “comment” je peux rouler. Je sais ce que ça fait quand je suis à 120%, à 100% ou à 80%. 

Dans ma stratégie du jour, je suis à 80%… Ca n’empêche pas d’aller au delà ou en deca dans certains cas. Mon petit jeu du jour, c’était d’avoir plus de moments au delà qu’en dessous de ce rythme. Et mine de rien, la bonne lecture du Roadbook aide beaucoup justement à adapter ton rythme. 

Ca n’est pas la même chose à l’approche d’un obstacle, ou d’un changement de direction tricky. Et globalement, j’avais tendance, au fur et à mesure de la journée, à envoyer du gaz SAUF quand j’arrivais sur un changement de direction. Parce que concrètement, les obstacles, tu peux visuellement les anticiper le plus souvent. Donc pas la peine d’être rivé sur le roadbook, tu y vas, tu envoies, et roule ma poule ! 

Un résultat encourageant au final

Bah voilà… Quand tu ne fais pas d’erreur de navigation, quand tu gères bien les zones de neutralisation, quand tu n’as pas de problème mécanique, et quand tu roules régulier, ça se passe plutôt bien ! Au final, j’arrive 123ème en 3h18 à 49mn du premier.

Alors ok, c’est pas un résultat de dingue, mais il me satisfait aujourd’hui. Bien sûr, j’aurais préféré faire mieux. Mais il me satisfait pour au moins 2 raisons.

La première, c’est qu’aujourd’hui, j’ai roulé solo. Ce résultat je ne le dois donc qu’à moi-même. Il est la conséquence de ce que je suis capable de sortir à ce stade.

La seconde, c’est qu’il intervient après 6 jours de course. 6 jours d’un premier rally. 6 jours déjà fatiguant, et objectivement, j’étais pas dans un super état au départ. J’ai donc fait le choix de rouler “raisonnable” dans ce contexte. Et je crois qu’aujourd’hui est la première journée où j’arrive à me tenir globalement ma stratégie. 

Au final, je suis plus motivé que jamais pour scorer demain pour la dernière journée, avec déjà l’envie de tenir la stratégie de la poignée dans le coin, raisonnable (oui c’est tout un concept je suis d’accord…) !

Tips & Tricks du jour

Bah, je te l’ai déjà dit, mais du coup, je fais la synthèse :

  1. Gérer la vitesse au plus proche de la limite quand tu es sur des portions qui le nécessitent… C’est un peu de concentration en plus, mais beaucoup de temps en moins au final, et ça contribue à chambouler les classements…
  2. C’est grisant d’avoir la poignée dans le coin, mais au final, mieux vaut s’assurer une bonne navigation qu’une bonne vitesse ! Le jour où tu sauras faire les deux, tu seras pro 🙂

Allez, rendez vous très vite pour la dernière journée, qui ne manque pas de piquant… Je n’en dis pas plus, mais si tu veux ne rien louper, suis moi sur les réseaux (FacebookInstagramYouTube) ou inscris-toi à la newsletter, si ce n’est pas déjà le cas 😉