Le mini guide : navigation au roadbook

Le mini guide : navigation au roadbook

28/04/2022 2 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

Ca fait longtemps que tu as abandonné les cartes en papier et tu ne peux plus te séparer de ton GPS… Tu t’es mis au Off-Road et tu as découvert les joies de la trace au format GPX… Mais tu as aussi décidé de passer une nouvelle étape et de faire un vrai rally ? Et là c’est la panique parce qu’il va falloir que tu gères la navigation au roadbook ?

Keep cool and stay calme, c’est pas sorcier ! Enfin, pas tant que ça 🙂

Un roadbook, c’est quoi ?

Allez, on commence par le commencement ! Un roadbook, c’est ni plus ni moins qu’une succession d’indications qui te donnent la route à suivre.

Alors évidement, selon la route en question, il peut être plus ou moins complet, contenir plus ou moins de signes étranges, mais sur le principe, ce n’est “que” ça.

Le roadbook, c’est ton pote qui te dit “à la prochaine à droite”. C’est le type qui connait le coin et qui te dit “attention, après le virage, c’est boueux”. C’est l’épicier du coin qui te dit “tournez à gauche après le Château d’Eau”. Bref, le road book, c’est ton meilleur ami pour une navigation aux petits oignons.

Un roadbook, en général, est splité en 3 colonnes.

  • A gauche, tu as les indications de distance. Normalement, tu as deux distances affichées : celle depuis la précédente étape, et la distance cumulée. Tu as en prime le numéro de l’instruction pour suivre de façon chronologique les étapes.
  • Au milieu, tu as les indications schématiques de route. Quel type de route, où tourner, etc. Tu y trouves également les indications complémentaires qui te permettent de te repérer sommairement (schéma de ruines, de maisons, de lacs, de clotures, etc.).
  • A droite, tu as les indications complémentaires de type limitations de vitesses, dangers particuliers, ainsi que dans certains cas le cap exprimé en degrés. 

Tu vois, c’est assez complet, mais pas très compliqué, t’es d’accord ?

Ceci étant, pour bien exploiter ton roadbook, il va te falloir un peu de boulot, et quelques outils, sinon, ça va pas le faire… 

Pour une bonne navigation au roadbook, il te faut :

Donc tu as récupéré ou créé ton roadbook papier, maintenant, il va falloir te lancer. Sauf que tu as remarqué une chose… Avoir juste un dérouleur de roadbook ne va pas suffire ! Il est temps de faire un petit point sur le matos et les infos nécessaires pour une bonne navigation au roadbook… Et à l’heure du numérique, on va se la jouer vieille école et commencer par tout le matos traditionnel 🙂 Je te parle des road book digitaux juste après. 

Un dérouleur de roadbook

Le dérouleur de roadbook, c’est cette espèce de petite boîte, souvent métallique, dans laquelle tu fixes ton roadbook qui n’est, ni plus ni moins, qu’un rouleau de papier.

Il peut être manuel, ou électrique. En manuel, c’est toi qui le fait défiler au fur et à mesure, tandis qu’en électrique, il est branché à une télécommande que tu installes au guidon et qui te permet de le dérouler avec le pouce sans trop d’effort. Evidemment, le budget n’est pas le même (quelques dizaines d’euros pour un manuel d’occase à plusieurs centaines pour un électrique). 

Si tu es un peu bricoleur, tu peux aussi te fabriquer ton dérouleur. Tu trouveras plein de tips dans les forums pour le faire grâce à un Tupperware, une carcasse de lampe de chantier, et je ne sais quoi encore… 

Dans tous les cas, tu installes ton rouleau de roadbook sur le cylindre du bas. Ensuite tu le fixes dans le cylindre du haut. Et tu n’as plus qu’à rouler et à le faire défiler du bas vers le haut… Enfin la plupart du temps… Mais si les anglais conduisent à droite, il n’est pas dit qu’il n’y ait pas des exceptions !

Voilà, tu as le principal ! 

Un ODO & tripmaster

Maintenant, pour ne pas faire n’importe quoi n’importe quand, il faut que tu puisses suivre ton roadbook. Et là, je ne parle pas de le suivre visuellement, mais kilométriquement. 

Et oui… Quand tu arrives à l’étape 8, qui t’indique que 300m après l’étape 7, soit à 5,3 km du début, tu dois tourner à droite, tu fais comment si tu n’as pas le kilométrage ? Et ben t’es dans le caca… Donc il te faut un ODOmètre / Tripmaster.

Et les puristes iront même jusqu’à en avoir un de rechange au cas où…

Certaines brèles ont ça au tableau de bord, mais c’est plutôt rare. Je crois qu’il n’y a que quelques KTM et Husqvarna équipées, mais je ne l’ai jamais vu de mes propres yeux. Je veux dire en dehors des fameux “Trip1” et “Trip2″… Du coup, tu peux investir dans des unités dédiées, ou si c’est autorisé, télécharger une appli sur ton tel qui fera ça en se basant sur le GPS. 

Ici aussi, les puristes diront qu’ils faut un capteur kilométrique sur la roue, mais franchement, à notre niveau, je pense que la localisation GPS est suffisamment efficace. Pas la peine de se prendre trop la tête non plus. 

De quoi installer tout ça sur ta meule

Tu t’es équipé, tu as tout ce qu’il te faut ?

Oui mais maintenant faut tout monter ! Je t’ai fait la présentation de mon set-up ici si tu veux voir

Alors si tu as une meule “Rally compliant”, et si tu as le budget, tu peux investir dans un kit Rally qui te permettra de tout installer de façon assez facile. Tu auras en prime une moto qui aura la gueule d’un bon baroudeur du Dakar. 

Mais si tu n’as pas le budget, ou pas la meule, il y a plein de supports qui existent soit chez les fabricants de dérouleurs de road book, soit chez certains équipementiers (comme Otawa, Mecasystem, etc. par exemple). 

N’oublie pas en revanche les petits trucs périphériques comme le câblage, ou la commande au guidon qui te permet de faire avancer le dérouleur pour avancer/reculer ou ajuster l’ODO. 

Ou un roadbook numérique

Tout ça, ça fait du matos, et même d’occase, c’est un petit investissement.

Alors avant de te lancer là dedans, tu peux aussi toucher du doigt la navigation au roadbook en utilisant un roadbook numérique.

Perso, j’utilise Rally Navigator (je te fais un petit tuto complet très vite).

L’avantage, c’est que tu gardes ton tel, tu télécharges l’appli, tu upload le roadbook, tu configures ton écran de nav, et c’est parti ! 

D’un strict point de vue pratique, pense à mettre ton tel en orientation portrait plus que paysage, puisque ça te permettra d’anticiper plus facilement les instructions.

Evidemment, mieux vaut avoir un écran de bonne taille, ou de très bons yeux, parce que sauf à installer une tablette, ce sera moins lisible que le roadbook papier.

Bien lire son roadbook

Maintenant que tu es équipé, il va falloir apprendre à lire ton roadbook. Et ça, c’est super simple mais faut bosser un peu !

Un des gros avantages c’est que souvent, dans les roadbook officiels, le français sert de base aux abréviations. Ensuite, si t’as monté un meuble Ikéa une fois dans ta vie, tu as les compétences pour lire le roadbook.

Le principe de base est toujours le même ! Le point représente ta position relative par rapport à l’instruction de navigation. La flèche représente la direction que tu dois suivre. Et tout le reste, c’est de la littérature. Ou plutôt des dessins…

Et là t’as pas le choix, tu dois impérativement apprendre un peu par coeur leur signification. 

Pour ça, le plus simple, c’est encore de se plonger dans le règlement de la FIM (fédération internationale de moto) que tu peux retrouver ici. Tu vas à la page 100 et tu sauras tout ! Et si tu n’as pas le courage de te fader toute cette doc, tu n’as qu’à cliquer sur l’image juste au dessus ou ici pour afficher le détail

Et du coup ça se passe comment en pratique ?

Alors, si je te fais ce mini guide, c’est que j’ai été confronté à la problématique de la navigation au roadbook en prévision du Hellas Rallye.

Du coup, il fallait bien évidemment s’entraîner un peu avant 😉

Alors j’ai tout préparé sur ma meule ! Evidemment, j’avais testé auparavant sur mon tel, mais bon, c’est quand même pas super pratique quand tu veux maintenir un bon rythme.

J’ai préparé la trace de la section 7 du TET que je connais par cœur maintenant pour en faire un roadbook en utilisant Rally Navigator. Là, j’ai tout imprimé et scotché avec mes petites mimines pour avoir un joli rouleau. Et puis… Je me suis lancé ! 

Bah écoute, j’ai redécouvert la trace sous un jour nouveau ! Il y a… Comment dire… Un côté addictif, un côté régressif, un côté risqué, et un côté rêveur…

Addictif parce que quand tu commences, tu te rends compte très vite qu’il n’y a aucune difficulté au maniement ! La difficulté, elle va être dans la lecture et dans l’analyse de ton environnement. Mais techniquement, c’est un non sujet ! 

Régressif parce que, du coup, tu reviens en enfance avec ce machin ! C’est une console de jeu grandeur nature en fait ! C’est un jouet pour adulte non censuré 🙂 

Risqué parce que j’ai l’impression que du coup, tu regardes peut être un peu moins ce qu’il y a devant ta roue. Alors pas devant à 2m, mais le plus loin où va se poser ton regard sur la route. Tu cherches le pylône, la maison ou la ruine qui apparait sur la prochaine instruction. Et du coup, tu regardes moins ta trace je pense.

Et rêveur parce que tu te dis que le champ des possibles est immense ! Le Hellas Rallye pour commencer, mais qu’est-ce qu’il y aura derrière ! 

Bref, tu vois, je suis convertit ! J’adore, c’est que du bonheur !!!!

A toi de jouer du coup maintenant 🙂 Et si t’as besoin, n’hésite pas, ce sera avec plaisir !