[Roadtrip à Cabo Da Roca] Le ciel m’est tombé sur la tête…

[Roadtrip à Cabo Da Roca] Le ciel m’est tombé sur la tête…

27/04/2019 0 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

J’imagine que tu as déjà dû lire mon “roadbook” pour ce nouveau roadtrip à Cabo Da Roca et à Tarifa ? Non ? Sinon, tu sais que, le 27 avril 2019, c’est le moment d’y aller !

Une route bien longue (et bien ch…..) s’annonçait déjà mais c’est toujours pareil, il faut arbitrer entre le plaisir de conduire et le temps dont on dispose… Dans la mesure où mon objectif était d’en profiter à fond une fois sur place, je me suis fait violence ! J’irai à Bilbao par l’autoroute en partant de Paris ! Je dois dire que je regrette un peu l’option “Autoroute Allemande” qui m’avait quand même permis de gagner pas mal de temps en allant au Cap Nord. Avec des pointes à 250km/h aussi, ça va plus vite

Elle est où l’Arche ?

Ce que je n’avais pas prévu (suffisamment en tout cas), c’est qu’en plus d’être longue (et très ch….), cette route serait finalement un calvaire pendant 80% du temps à cause de…. LA PLUIE ! Et pas n’importe quelle pluie ! Une pluie diluvienne qui ne me quittera pas tant que je n’aurais pas…. changé d’itinéraire !

On passe du temps à préparer le voyage, à se dire que tout est sous contrôle, à se dire qu’avec une bonne tenue, ça passe, mais en fait, non, ça ne passe pas ! Ça ne passe jamais quand la capacité imperméabilisante de ta combi de pluie est poussée dans ses retranchements dès les premiers 100km alors qu’il y en a 900 encore à faire avant de se poser ! 

I will survive

Alors pas d’autre choix que de se mettre en mode “Survivor”. Je dois accepter ce qui va se passer, en me disant juste que, dans ces conditions, l’enjeu n’est plus de prendre du plaisir mais de tenir. Je dois quand même aller jusqu’à Cabo Da Roca… Et à chaque pause, à chaque station service dans laquelle je m’arrête, je reprends une grande respiration avant de repartir sous les regards compatissants de tous ces veinards en voiture. A chaque fois, en démarrant la moto, je me rends compte que je ne céderais pas ma place contre une de ces voitures. Mais bon, dès que je suis de nouveau engagé sur l’autoroute (juste après la voix d’insertion, donc 1 mn après avoir démarré en fait), je me surprends à penser qu’il serait bon que je fasse demi-tour ! L’idée d’aller squatter une de ces voitures que je regardais dédaigneusement l’instant d’avant prend le pas… Mais je ne craque pas !

Bref, les kilomètres s’accumulent, la pluie également, et avec ce cocktail inondant, la déprime arrive… A chaque pause, le même rituel ; l’essence, les gants posés sur le pot en espérant qu’ils sèchent un peu, le café, la pause technique, et… un petit coup d’oeil sur la météo ! Mais rien ne change de ce point de vue… Pluie pluie pluie et encore pluie ! Bon, ceci étant, il fait toujours beau et chaud à Cabo Da Roca, ça ne bouge pas non plus du coup 🙂 Ouf !

Chewbacca, cette pause, elle est pour toi* !

* pour les curieux, c’est à San Sebastian qu’a été présentée la première de Star Wars en 1977 ! Un petit easter egg du coup pour les fans 🙂 https://youtu.be/O01OWbwFIYQ

J’arrive tout de même à San Sébastien et pour la première fois de la journée, la pluie drue se transforme en petit crachin… Un nouveau coup d’oeil à la météo m’achève ! Pluie continue jusqu’à ma prochaine étape ! Dans ces conditions, je ne profiterai certainement pas de la route, encore moins du paysage, je commence à être fatigué, et surtout, je suis trempé jusqu’aux os et totalement frigorifié !

Alors je profite de cette relative accalmie. Je me pose sur la fameuse plage de la Concha. Tant pis pour le plan A, je bascule sur le plan B ! Enfin non, j’échafaude le plan B en direct en fait ! Quel amateurisme 🙂 Mais ça me donnera une raison de revenir.

On n’est plus à 300 km près !

A priori, si je pique au sud ouest, je passe à travers les gouttes, et avec un peu de chance, je pourrai même voir un peu le soleil. MAIS, et ce n’est pas un petit MAIS, si je pique au sud ouest, j’abandonne ma seconde étape qui pourtant me tenait à coeur : Saint Jacques de Compostelle. Oui je sais, ce n’est pas non plus sur la route la plus directe entre Paris et Cabo Da Roca… Et alors ? 🙂

La mort dans l’âme, je prends la plus pieuse des décisions à prendre… survivre 🙂 Go ! Je pique plein sud ouest direction Burgos.

Et là, un miracle s’est produit !

Non seulement il ne pleuvait plus, mais en plus, j’ai eu droit à un soleil radieux ! Ce soleil, que dis-je, ce SOLEIL, qui te réchauffe profondément ! A tel point que je me suis fixé pour objectif de rouler… tant que je ne serai pas totalement sec ! Et sec de la tête aux pieds ! 

La route est toujours aussi longue, un peu moins ch….., mais incommensurablement plus agréable maintenant ! Un type en Seat Leon conduit fort et me suit. Quelques kilomètres plus tard, on s’arrête à la même station pour faire le plein ! C’est un militaire en perm qui va à Lisbonne et qui vient de… Strasbourg ! Il me dit qu’il adore rouler, je veux bien le croire. Et je me dit que sa copine avec lui dans la bagnole doit être très très très amoureuse 🙂 On repart, il reste derrière et je prends le large. 

Je prends plaisir à voir mes chaussures sécher, à sentir mon jean arrêter de coller benoitement à ma peaux, et mon cuir durcir 🙁 Oui, c’est la limite du blouson en cuir… Quand il est mouillé et qu’il sèche, il peut servir de valet de chambre ! Pratique sous la tente pour poser ses affaires, mais pas super confortable quand on conduit… Bon, après, il faut reconnaître qu’entre ça et la pluie, mon choix est vite fait. 

Je voudrais votre plus belle chambre s’il vous plait…

Mais à ce rythme là, j’aurais quand même dû faire 300 bornes de plus pour arriver finalement à côté de Zamora et découvrir là bas un lac de barrage qui m’offrira une chambre parfaite pour la nuit !

Au passage, j’avais déjà découvert que la K1300R était capable de rouler sur de la piste en dur en Norvège, j’ai maintenant réussi à l’emmener sur un sentier forestier défoncé ! Bon, s’il y a un doute, autant être clair : elle n’aime pas du tout ça ! Mais je dois reconnaître que les Michelin Pilot Road 4 sont étonnants même dans ces conditions !

Allez, je plante la tente, je fais sécher les affaires en dînant et…. Dodo (enfin je me couche quoi. Parce qu’évidemment, la nuit non plus ne se passera pas comme prévu…)

A demain !