J’ai fait mon premier Hard Alpi Tour !

J’ai fait mon premier Hard Alpi Tour !

06/11/2020 3 Par Pierre-Emmanuel BOURGOUIN

Hard Alpi Tour, ou  HAT pour les intimes ! 3 lettres qui veulent dire beaucoup pour pas mal de motards qui veulent en découdre avec le off-road !

Peut être un des plus fameux  évènements européens en matière de off-road amateur, organisé par Over 2000 Riders, une association de motards Italienne ! 

  • Hard parce que si c’était facile, ce serait pas drôle…
  • Alpi, parce que question terrain de jeu, les Alpes sont sur le haut du panier !
  • Tour, parce que c’est avant tout une visite, un voyage, une aventure plus qu’une course. La preuve, il n’y a pas de chronomètre, ni de classement à l’arrivée, même pour le fun 🙂

Pourquoi cette drôle d’idée…

La moto sur route, c’est super ! Il y a quand même pas mal de contraintes qu’il ne faut pas perdre de vue… Le gros avantage, c’est que tu peux abattre du kilomètre si besoin. Ou tu peux prendre ton temps et t’arrêter pour visiter si tu veux flemmarder. Mais avec mon projet de relier les 4 points cardinaux d’Europe continental, si les 3 premiers se faisaient facilement par la route, le 4ème, en préparation, va pas mal m’embarquer en Off-road ! Il n’y a qu’à voir cet article déjà pour t’en convaincre. Donc tout entrainement sera utile (voir nécessaire) pour finaliser Carrant dans les meilleures conditions.

Alors quand E. nous propose avec D. d’aller faire le Hard Alpi Tour, je signe tout de suite ! même si ce n’est pas forcément très raisonnable, là, maintenant, tout de suite, en tout cas… 🙂 

Comment on participe au Hard Alpi Tour?

Il faut reconnaître que c’est assez simple, avec même un petit côté archaïque mais loin d’être déplaisant !

Avec une moto…

Pour commencer, il te faut une moto ! Minimum 150 kg, et 90 à 100 km d’autonomie. Évidemment, il faut qu’elle soit capable d’aller poser ses roues dans les cailloux… Surtout, il faut que tu aies envie de mettre ta moto dans les cailloux. Sachant que la probabilité qu’elle tombe est plus que significative et tangente le 100% 🙂

Une association…

Ensuite, tu t’inscris à l’association Over 2000 Riders. Ca te permet de bénéficier des assurances nécessaires à la pratique du off road pendant le Hard Alpi Tour. Le coût de l’adhésion varie de 50 à 115€. La différence c’est essentiellement pour des gadgets et des inscriptions complémentaires, notamment à la FMI. (https://over2000riders.com/en/about-us/how-to-become-member/). Si le coeur t’en dit, tu pourras participer aux autres manifestations organisées (il y en a dans les Balkans notamment).

Et une inscription en ligne…

Après cela, tu t’enregistres sur le site du Hard Alpi Tour (https://www.hatseries.com) à la catégorie qui t’intéresse. Tu as le choix entre le vintage, le discovery, le classique, et le extrem ! Les prix d’inscription vont de 150€ à 450€. La différence entre ces catégories ? Le kilométrage général, et le pourcentage de offroad, qui va crescendo.

Seul truc un peu surprenant, tu ne peux rien régler en CB ! Tu es obligé de faire un virement bancaire, en rappelant bien le numéro de commande qui t’es confirmée par mail. Comme ça ils pointent leurs comptes avant de confirmer la prise en compte de ton inscription.

On y va comment ?

Quand bien même on s’est inscrit au Discovery pour cette première édition, on a quand même 50 à 60% de off-road à prévoir sur 500 km ! Autant dire qu’on est obligé de préparer un peu nos motos, et à tout le moins, leur chausser de beaux pneus à tétine ! Le genre de pneus qui n’aime pas faire de l’autoroute dans l’absolu. Et le genre de pneus avec lesquels tu ne veux surtout pas faire d’autoroute ! J’avais mis les TKC 80 de Continental pour l’occasion. 

3 motos dans une camionnette de 20m3, ça passe large !De fait, pas le choix : soit on change les pneus à Sanremo, soit on descend là-bas en camionnette…

Cette dernière option nous semble la plus sage (moins de fatigue, moins de coûts au final, moins de risques, moins de kilométrage sur nos meules, etc.). Donc on a loué un 14m3 chez Rent a Car dans lequel on espère qu’on pourra rentrer nos 3 motos… Non sans avoir réalisé de sérieuses études et simulations préalables, n’est-ce pas D. ? :-).

Au final, pas de problème d’espace, puisqu’on a eu un 20m3, et je te confirme qu’on y rentre sans aucun problème 445 chevaux ! (Ok, 2 KTM Super Adventure et une BMW R1200GS, mais ça fait déjà pas mal).

J’adore qu’un plan se déroule sans accroc…

Le plan est simple : on laisse la camionnette à Sestrière (enfin, à côté en fait, puisqu’on a trouvé un hôtel pas mal à La Saulze d’Oulx), on rejoint Sanremo à moto, on revient par le tracé du Hard Alpi Tour, on recharge la camionnette, et on rentre à la maison. 

On part de Paris à 16h30 en prévoyant de faire des rotations toutes les 2,5 heures environ… Normalement, ça fait 7h30 de route, ça devrait le faire puisqu’on est 3 à conduire… Oui, je te vois venir… On est bon en maths hein ? 🙂

Flash night

Vu le gabarit du camion, on se fait systématiquement flasher lorsqu’on passe devant les radars. Pourtant on ne roule qu’à 110 km/h sur autoroute… A priori, on ne devrait recevoir aucune amende d’après l’agence de loc (affaire à suivre quand même, mais 2 mois plus tard, toujours rien à signaler…).

Ne pas oublier de vérifier les conditions d'ouverture des tunnels... Surtout en montagne...On arrive à Chambery vers minuit, et on apprend que le tunnel de Frejus est ouvert par alternance, et fermera à 00h45 pendant 1 heure. Pas de problème, on est large !

Et une bonne heure de perdue…

On n’avait juste pas anticipé les travaux sur la route et notamment les feux de circulation alternée qui durent 10 plombes… On arrive donc à l’entrée du Tunnel à 00h47…

Allez, on fait contre mauvaise fortune bon coeur ! On fait un petit som dans le camion en attendant la réouverture… Et on arrivera finalement à l’hôtel à la Saulze d’Oulx à 3h du mat. Aie, ça pique ! 

Hard Alpi Tour nous voilà !

Le lendemain matin, après une courte nuit donc, on s’enfile rapidement le petit déj. On en profite pour regarder avec soin les traces GPX envoyées par l’organisation du Hard Alpi Tour juste avant.

On charge finalement tout ça dans OsmandMaps. Je ferai un petit retour d’expérience sur cette application que j’ai découverte un peu plus tard…

Ensuite, on vide la camionnette. Aucune moto n’a bougé pendant le transport, tout est nickel ! Je négocie avec un policier de pouvoir laisser le camion à son emplacement en lui expliquant qu’on va faire le HAT, et il me souhaite bon courage 🙂

J’aurais bien dû me douter à ce moment là qu’il y aurait des surprises…

Go to Sanremo !

L'itinéraire pour aller de Sestrière à SanremoPour rejoindre Sanremo, on a en gros 2 options : passer par les voies rapides, ou faire du réseau secondaire. La première option nous prend 3h30, la seconde, 5h. Il est 11h, on doit être là bas avant 19h. Du coup on fait le choix de prendre les petites routes qui seront bien plus sympas, et on ne se trompe pas… Seule la fin du parcours est casse-pied à cause des travaux. Mais on arrive finalement à Sanremo à 17h40. Juste le temps de passer à l’hôtel prendre les clefs, et on file sur la zone d’enregistrement du Hard Alpi Tour !

Un padock de malade ! 

Le paddock du Hard Alpi Tour, édition 2020Et là, je découvre comme un gamin une espèce d’immense parking sur lequel sont entassées 350 bécanes ! En vrai, il y en avait un peu moins, mais il y avait bien 352 participants cette année pour être précis, dont 12 femmes (et qui ne sont pas là pour faire de la figuration, au contraire ! Elles seront impressionnantes sur la route ! Chapeau bas !).

On y trouve de tout ! Sauf de la Ducat 🙂 Il y a des vieilles Africa Twin qui cotoient des 1250 GSA sorties de garage, de la Katoche en veux tu en voilà dans toutes les cylindrées du catalogue, des Husqui, et même une R Nine-T GS. Plus surprenant encore, on y trouve des scooters à 4 roues de Quatro !

Et tout ce petit monde sagement et soigneusement garé le long des quais hauts du port un peu huppé de Sanremo : Portosole ! Je passe (un peu en me la pétant…) sous l’arche gonflable qui marque l’entrée et qui arbore fièrement le logo du HAT, et je gare Thor (ma moto donc… Mais je te raconte l’histoire un peu plus tard…) en me disant que c’est quand même la plus belle 🙂 (bon, ok, là, je suis pas objectif, mais on s’en fout). 

Briefing time pour les participants à l'édition Discovery du Hard Alpi Tour 2020Direction maintenant la zone d’enregistrement !

Tout est nickel, bien indiqué, avec un staff aux petits soins pour les participants. Les organisateurs te prennent par la main de bout en bout. Crise du COVID-19 oblige, force est de constater que toutes les précautions sont prises pour que ce virus ne vienne pas nous pourrir la vie pendant ces trois jours.

On finit les formalités administratives en 20mn montre en main, avant d’assister au briefing puis de profiter de la fin d’après midi et d’aller passer une bonne nuit à l’hôtel avant les choses sérieuses le lendemain.

Rendez vous est pris à 10h pour le départ demain matin.

Hard Alpi Tour 2020, J1, l’aventure commence

La trace du premier jour de ce Hard Alpi Tour 2020Après un petit déj pris dans un café de la ville près du Casino, et une première frayeur avec la moto de D. qui a fait des siennes et qui n’a pas voulu démarrer (du premier coup en tout cas), on se dirige vers le paddock. 

Il y a un petit côté “Paris Dakar” des bacs à sable qui donne la pèche, ou la banane, au choix 🙂 Il faut dire que la centaine de motos qui sont là, avec les types harnachés de la tête aux pieds, tranchent quelque peu avec les chemises en lin de ces messieurs et petites jupettes de ces dames sur le luxueux port 🙂

Le podium de départ du Hard Alpi Tour avec les Umbrela Girls sans leurs ombrelles...Ready ? Steady ? Go !

10h15, on nous fait signe d’y aller ! Direction le podium de départ, quelques centaines de mètres plus loin. Il y a tout : un peu de public, des photographes, les umbrella girls (sans les ombrelles), et le speaker qui nous pose 2-3 questions pour présenter notre Team E.P.O.au public (oui bon là, je le reconnais, je me la pète vraiment, mais on s’en fout c’est mon Hard Alpi Tour ! 🙂 ) avant de nous donner le signal !

Feu ! C’est parti !

Round 1, la mise en bouche

KTM Super Adventure 1290 R (Thor pour les intimes)On s’enfonce dans l’arrière pays en empruntant de toutes petites routes qui nous amènent 1 heure plus tard au premier point de passage (cool ! il n’y en a plus que 39 à passer pour être certifié HAT Marathon !). On fait une première pause technique pour régler les machines (guidons pour les uns, sélecteur pour les autres, et pression des pneus pour tout le monde, 1.9 b à l’avant comme à l’arrière pour ma part) avant d’engager la première partie de Off-road.

Ca annonce la couleur !

On n’est pas déçu ! Sans être ingérable, c’est quand même pas si facile… La piste est étroite, caillouteuse, mais au moins, c’est sec. On arrive sur un premier petit passage avec une cuvette avant une bosse. Oui si tu as le mal de mer c’est normal. Évidemment, tout ça, sur de la pierre… D. ouvre, on passe ensuite. La BM a décidé de faire de l’oeil au bas côté et se couche presque à l’arrêt. Rien de bien méchant, on continue…

Coucou les cailloux…

Ca y est, ça monte maintenant ! La piste est toujours plutôt étroite (on passe pas deux motos côte à côté). Maintenant, je fous ma roue avant dans une ornière ! A mon tour de me coucher avec la moto sur le bas côté. Pareil, pas de bobo, ni le bonhomme, ni la machine… Je suis content néanmoins d’avoir mon équipement off-road quand bien même je crève de chaud… (Promis, je te ferai aussi un petit retour d’expérience sur les produits DXR vendus par Motoblouz) (Si tu as envie je t’ai fait un petit retour sur ma tenue complète DXR Roadtrip payée moins de 400 balles pour la veste, le pantalon et les bottes !)

Coucou le médic…

Au détour d’un virage, on croise un type qui nous fait signe de prendre de la marge… Son copain est allongé sur le bas côté, il a fait un malaise a priori. En même temps, il fait déjà 32°, et sous nos équipements, ça perle à pleins seaux ! Au moins, le ton est donné !

On enchaîne pas mal de petites routes et sentiers de montagne, et on arrive en haut d’un col. On bifurque sur la droite… Tient, il y a une piste ici ?! Bah oui… C’est par là… Ou presque.

Round 2, Hard c’est trop facile…

Pourquoi presque ? Parce que c’est à partir de maintenant que vont se dérouler les moments qui resteront à jamais gravés dans nos mémoires… Teasing ! 

Et bien ce n’est pas Mission Difficile M. Hunt, c’est Mission Impossible. Difficile serait un jeu d’enfant pour vous.

On a laissé la nav à D., et on a oublié au passage que quand on est 3 dans une équipe, on est 3 à pouvoir s’interroger, se questionner, et réfléchir 🙂 C’est dur dit comme ça, mais c’est peut être la grosse première leçon de ce Hard Alpi Tour ! Allez, faut que ça sorte… Cher lecteur, tu vas être mon exutoire… Merci d’avance 🙂

Moutons…

Donc on s’engage sur la piste, on se fait doubler par trois types en Africa Twin, tous habillés pareil, avec des motos préparées comme il faut. Il n’y a pas à dire, c’est la classe ! Ils vont vite quand même (ou alors c’est peut être nous qui n’avançons pas, mais on ne va pas le dire…) ! Mais c’est la classe… En 2 mn, on ne les voit plus déjà.

On passe une petite épingle, et on continue de rouler vers un refuge. La piste rétrécit, mais ça va, on avance bien, on prend un peu confiance, on va y arriver.

Mais plus ça va, plus c’est étroit ! Et là, on s’engage sur un sentier sur lequel par moment le guidon de nos meules est plus large que lui ! Ça commence un peu à faire peur mine de rien… Hard, Ok, mais on n’est pas venu là pour mettre nos motos au fond du ravin, voir pire, tomber au fond du ravin avec… 

Et chemin de chèvres…

Plus ça va, plus le rythme ralentit… Et là, à 100m devant moi, je vois la GS se coucher ! Heureusement, elle tombe du côté du versant de la montagne ! De l’autre côté, elle dévalait peut être 300m de vide ! Je béquille Thor, et je file aider E. En fait, je crois qu’on s’est fait tous les deux assez peur ! D. est loin devant. Je hurle en espérant qu’il m’entende et qu’il s’arrête. Mais en guise d’arrêt, on entend un bruit de chute ! Je file pour voir ce qu’il en est, et je tombe sur D. qui vient à notre rencontre à pieds. A ce moment là, je n’imagine pas encore dans quelle position on va retrouver sa mob… Qui était couchée, le guidon presque dans le vide ! 

On y passe maintenant ou on attend ?

On fait un point de situation, légèrement en overdose d’adrénaline je pense… Et on finit par se mettre d’accord sur un point assez essentiel pour la suite : dans la mesure où on risque objectivement de mourir à chaque tour de roue, c’est que ce n’est manifestement pas la bonne trace. Il nous aura fallu un peu de temps pour l’accepter, mais au final, on convient de ce que la seule chose qu’il convienne de faire maintenant, c’est de… faire demi tour ! 

Et tu as déjà essayé de faire un demi tour sur une brèle de plus de 200kg sur un sentier qui ne fait pas 1m de large ??? Rien que ça, c’est une aventure à part entière.

La bonne nouvelle, c’est qu’on y est arrivé ! La moyenne, c’est que ça nous a pris quasiment deux heures, et qu’on a laissé à peu près 250% de notre capital énergie dans l’opération… La mauvaise, c’est que la moto de Dean refuse de redémarrer maintenant… 

Round 3, j’y crois encore

Thor, une moto polyvalente qui sert aussi d'étendoir à linge...Bilan de l’opération à ce stade : sur 3 motos, il y en a une qui est HS et sur 3 bonhommes, il y en a 3 qui sont HS (j’ai tellement sué que je me suis déssapé et Thor me sert à faire sécher tout ça !). Pour remuer le couteau dans la plaie, nous n’avons passé que 5 points de contrôle ! 

Mais bon, avant d’envisager la suite, il faut déjà qu’on trouve une solution pour la moto HS. Après avoir repris quelques forces, on décide de procéder par étape ! Première partie du plan : je remonte en selle, et descend la piste jusqu’à la route. Je vois si on peut tenter le coup en roue libre, moteur éteint donc… Si c’est ok, j’appelle D. et E. qui alors me rejoignent. 

Dépannage express !

Je m’engage donc sur le sentier, et histoire de compliquer les choses, c’est un put…. de pierreux sur la première partie, puis un peu de boue…

Et après quelques virages, à nouveau une suée ! En contrebas d’une épingle, une dizaine de mètres en dessous de moi, je vois un paquet de gars affairés autour d’une… Africa Twin au fond du ravin ! Heureusement, le pilote n’a rien, mais ça fait une sacré chute ! Je me demande bien comment ils vont faire pour la remonter…

La BMW R1200GS qui tracte la KTM 1290 Super Adventure SJe continue, mais rapidement, je me rends compte que ce sera difficilement jouable. J’appelle les copains… Et c’est là qu’ils mettent en œuvre la seconde partie de notre plan : utiliser une des sangles qui nous a permis d’attacher les motos dans le camion à la GS pour tracter la Katoche (inutile de relancer la guerre des marques, parce que pour le coup, Allemands comme Autrichiens ne faisaient qu’un !). La preuve en images 🙂 

Bon bah… Y a plus qu’à rouler !

De mon côté, je reprends la route. Bon, il faut bien le reconnaître, je suis pas au mieux de ma forme. Je mobilise encore quelques forces et arrive au village de Pigna pour m’effondrer misérablement à la terrasse d’un café… Qui était encore fermé 🙂

Devant ma tête, le patron a quand même accepté de me servir, et pas qu’un peu ! 2 cocas et 4 petites bouteilles d’eau plus tard, je suis chaud pour finir ces fichus points de contrôle ! Mine de rien, je suis déjà au point 10 ! 

Pris en flagrant délit par un photographe du Hard Alpi Tour :-)Je m’enfonce à nouveau dans des pistes off-road, mais en étant seul ce coup.

Mieux vaut être vigilant, et mine de rien, je sens que je suis un peu fébrile au fur et à mesure que je m’éloigne de la relative civilisation qui restait encore dans la vallée.

Ceci étant, j’en prends plein les yeux, et à mon rythme, je continue de passer les points de contrôle… 

 

Tende me voilà !

J’arrive à Tende (qui 1 mois plus tard fera l’actualité après avoir été largement ravagée par les intempéries. Si tu as loupé ça, jette un œil ici), un peu avant 20h.

La nuit tombe, et il me reste encore 3 points de contrôle à passer avant de finir à Cueno pour passer la nuit. Tende, c’était le point restauration qu’on aurait du rallier vers 15-16h pour donner un ordre d’idée….

Alors puisqu’il reste deux ou trois choses à grignoter, j’en profite 🙂

Round 4, je pose les gants

Le paddock du Hard Alpi Tour à Boves, près de CuenoMais du coup, la nuit est tombée, et… je reconnais que fatigue + nuit + émotions + premières fois en off-road ou presque = je joue la sécurité et je prends finalement la route pour rejoindre Cueno, et sa banlieue, Boves, pour retrouver E. et dîner. Mine de rien, ça fait une petite cinquantaine de kilomètres qu’il faut s’avaler en passant par le tunnel du col de Tende dont l’accès a depuis été ravagé par les coulées de boue du 4-5 octobre.

Dîner aux chandelles

Je fait une petite pause à l’hôtel à Cueno pour prendre une douche et me changer, et je repars à Boves pour retrouver l’organisation du HAT qui, comme à son habitude, a fait les choses comme il faut !

Sur la place du village, 3 espaces distincts : un pour les motos et les véhicules d’assistance, un pour les tables du dîner, et un pour…. je sais pas trop en fait… On va dire pour le reste, dans lequel se mélangent des bagnoles anciennes, des badauds, et des gamins qui jouent.

Allez, on s’enfile le plateau repas (délicieux au passage) rapidement en l’échange d’un bon. On fait ensuite un petit tour dans le paddock, et on repart pour passer une bonne nuit de sommeil ! Demain sera un autre jour, et aujourd’hui est déjà chargé de bons souvenirs…

“HATventurer”, ça se mérite 🙂 J2

La trace de cette seconde journée du Hard Alpi TourAujourd’hui, ça devrait être plus calme ! Déjà, le tracé de l’édition “Discovery” du Hard Alpi Tour nous fait passer par la route pendant une bonne soixantaine de kilomètres au début. Juste le temps de chauffer la gomme, et de bien nous réveiller. Et puis faut pas déconner, on n’a plus de trousse à outils avec nous à part un Leatherman, puisque le reste est resté dans le sac de D. Après, on entame la partie off-road avant de redescendre à Sestrière par les pistes.

Tu viens on y va ?!

Autant être clair, la première partie n’est pas calme, elle est juste chiante à mourir ! Des routes toutes droites, à perte de vue quand les montagnes te narguent sur le côté ! Elles ne sont ni belles ni moches ces routes. Elles ne sont ni vides, ni chargées. Elles passent par des bleds qui sont eux aussi ni… ni… En résumé, c’est tellement ni… ni… que j’ai juste envie d’en finir ! Et quand on arrive au check point d’où je pensais qu’on rejoindrait tranquillement les montagnes, et bien non ! Un 4X4 de l’organisation du Hard Alpi Tour nous attendait, pour nous dire que la route est bloquée et qu’on doit continuer par l’itinéraire chiant. On n’est plus à 15 bornes près remarque…

La tête dans les nuages

 Le Colle Lazzarà dans la brume... Ou les nuages plutôt.

Allez, ça y est, on va pouvoir s’engager dans la montagne, pour passer un premier col ! Celui de Lazzarà. Pas beaucoup de monde sur la route au début, mais on se fait rejoindre par un groupe d’allemands dont un, en BMW 1200 GS Adventure, qui m’explique le plus calmement possible, qu’il est tombé dans un ravin la veille. Ces types sont  fous…

La bonne nouvelle en revanche, c’est que ce col passé, le soleil montre le bout de son nez de l’autre côté ! Comme si ce nuage avait juste décidé de se scotcher ici… Tant mieux pour nous !

Dernière ligne (pas) droite

Les paysages à couper le souffle de la Strada Colle Del AssiettaOn se dirige maintenant vers le Nord, en suivant nos potes allemands. Je ne sais pas ce qu’il se passe aujourd’hui, mais c’est un peu l’hécatombe dans les différents groupes qu’on croise ! Entre les crevaisons et les soucis mécaniques, on sent que les machines ont dégusté déjà. On double comme ça une bonne demi douzaine d’équipes.

Encore une fois pris sur le vif par les photographes du Hard Alpi TourGo maintenant vers le Colle Delle Finestre qui nous emmène sur les hauteurs de Pequerel. Je me sens de mieux en mieux sur la piste et j’y vais franchement maintenant. D’ailleurs il faudra que je pense la prochaine fois à fixer cette fichue béquille centrale qui n’arrête pas de taper et de faire un bruit de casserole 🙂

Ce qu’on ne savait pas avec E. (du fait de ma mauvaise, pour ne pas dire très mauvaise, connaissance d’OsmAnd Maps), c’est que dorénavant, on aurait de la piste jusqu’au bout ! Soit une bonne cinquantaine de kilomètres non stop quand même.

On s’engage maintenant sur le colle Del Assietta !

Colle Dell AssiettaJe ne peux pas trop t’expliquer pourquoi, mais pour moi, ce col était déjà un aboutissement. En arrivant en haut, d’ailleurs, je dis à E. “Ca y est, j’ai fait le HAT”. Evidemment, c’était un peu présomptueux puisqu’il fallait encore passer la ligne d’arrivée, mais je sais pas. Pour moi, ça y est, on y était !

On en prend plein les yeux ! Des fractures de la rétine à chaque tour de roue, avec le plaisir de pouvoir en profiter par ailleurs, de s’arrêter quand on voulait pour profiter, prendre des photos, s’émerveiller. Oui je sais, ça fait un peu gamin dit comme ça, mais j’étais dans une espèce d’état second 🙂 Juste bien, et ça fait du bien.

Mais maintenant, il est l’heure de se diriger vers l’arrivée…

Histoire de finir pas comme il faut, j’ai réussi à tenter de passer la ligne d’arrivée dans le mauvais sens 🙂 Peut être l’envie d’y retourner déjà ? Après un petit rappel à l’ordre sympathique d’un participant, on fait quand même les choses bien avec E. et on retourne du bon côté pour… La photo du finish !

Le finish de ce 12ème Hard Alpi Tour

 

Ca, c’est fait !

A peine arrivé à Sestrière, et déjà l’envie de retenter cette expérience l’an prochain !

Sur le chemin pour aller rendre le GPS, récupérer la caution, et surtout, prendre les “Diplômes” officiels, je me dis que si j’ai de la chance, je pourrai même aller sur la version Extrème ! Quitte à faire Hard, autant aller au bout de la logique non ?

Allez, disons que ce sera un petit bout de rêve pour passer la fin d’année 2020 et les premiers mois de 2021 à penser  à autre chose qu’à ce foutu COVID qui nous empêche de rouler comme on voudrait 🙂

Mais bon, en attendant, faisons un peu le bilan de ce Hard Alpi Tour si ça peut t’aider.

Ca coûte combien de faire le Hard Alpi Tour ?

Je ne vais pas te mentir, c’est quand même un petit budget, mais qui peut être assez largement optimisé !

Ca m’aura coûté cette année au total 1029 € tout compris… Oui je sais, c’est un peu rush, mais l’an prochain je serai plus économe… Si tu veux le détail, je t’ai tout décomposé ci-dessous comme ça tu verras ce qu’il en est :

Les coûts pour y aller et revenir, parce que c’est loin…

Déjà, on a loué un utilitaire, donc rentrent en compte les coûts de :

  • Location (512,6€),
  • Les péages (310,6),
  • Le tunnel de Fréjus (261,8)
  • et l’essence (279,45)

Comme tu es balaise en maths, tu as déjà calculé que ça fait un total de 1364,45 € soit 454,81 € par personne puisqu’on était 3… C’est pas si mal, parce que d’après ViaMichelin, en faisant le même trajet à moto, on en aurait eu pour grosso modo 300 €, sans compter les 1500 bornes qu’on ajoutait au compteur, l’usure des pneus, et la fatigue des bonhommes.

L’inscription à Over2000Riders et au Hard Alpi Tour pour participer

Bah là c’est simple !

  • Inscription à Over 2000 Riders : 50€
  • Inscription au HAT : 240€

Soit un total de 290€ pour participer…

Les coûts d’hébergement pour dormir bien au chaud comme des coqs en patte…

Comme on voulait la jouer un peu confort, on a réservé 3 nuits d’hôtel 🙂 Et évidemment, ça a un coût :

  • La première nuit, à La Saulze d’Oulx, dans l’hôtel K2 : 102€
  • La seconde à Sanremo, au Modus Vivendi : 124,31€
  • La dernière à Cueno, à l’Hôtel Victoria : 103,5€

Donc au total 329,81 € soit un tout petit peu moins de 110 € par personne puisqu’on a pris à chaque fois des piaules pour 3.

Clairement, on peut faire moins sur ce poste budgétaire, voir le supprimer totalement si on est plus roots, ce que certains ont fait, notamment dans le Classic ou l’Extrem.

Et tout le reste…

Le reste, c’est assez facile en fait, c’est l’essence pour les motos, et les quelques déj ou dîners en plus :

  • Essence pour les motos 4 pleins à environ 30 balles pièce soit 120 €
  • Les petites fringales et autres : 128,15€ soit 45 € par personne
  • Un jeu de sangles à cliquet : 30 € soit 10 € par personne

Tu peux également compter si tu veux un jeu de pneus pour ta meule, mais là, à chacun de voir… Donc on arrive à 175 € de plus…

Le Hard Alpi Tour en résumé ?

Une formidable aventure, accessible, solidaire, dans laquelle tu ne joues pas contre les autres, au contraire, mais contre toi. Si les autres passent, tu  passeras ! Alors te pose pas de question et vas y, inscrit toi l’an prochain ! Il y a un formidable esprit de groupe, plein de monde qui ne demande qu’à t’aider (va sur Facebook dans ce groupe par exemple) et à te renseigner partout, et une superbe équipe qui fera tout pour que leur aventure soit la tienne.

Sérieux, arrête de me lire, et vas y l’an prochain. Je t’assure, tu ne seras pas déçu.